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Une Ile « Girondine » en Terres Australes : l’île Depuch

L’année 1800, Bonaparte premier consul accepta la proposition de l’Institut national d’organiser une expédition géographique et scientifique pour explorer les terres australes.

L’expédition préparée par les membres de l’Institut de France (Lacépède, Jussieu, Bougainville) fut confiée au Rochelais Nicolas Baudin. La mission comprenait plus de 250 personnes réparties sur deux vaisseaux, le Géographe et le Naturaliste. À bord, plus de vingt savants de différentes disciplines : astronomes (Pierre François Bernier et Frédéric de Bissy), géographes (Charles Pierre Boulanger, Faure), botanistes (l’agenais Bory de Saint-Vincent, Leschenault de la Tour et Anselme Riedlay, Jacques Deslisses, André Michaux), zoologistes (René Maugé, Levillain, François Peron, Désiré Dumont), jardiniers (Antoine Sautier, Antoine Guichenault) peintres et dessinateurs (Charles Alexandre Lesueur, Nicolas-Martin Petit, Jacques Milbert, Michel Garnier, Lois Lebrun) et deux minéralogistes : Charles Bailly et le girondin Louis Depuch.
Le 19 octobre 1800, les bateaux quittèrent le Havre et furent de retour en avril 1804. Si les résultats scientifiques furent importants et riches d’enseignements, par contre il fallut déplorer de nombreux décès et en particulier en 1803 ceux de Nicolas Baudin et Louis Depuch (mort de dysenterie à l’île Maurice).
Auparavant, l’expédition avait atteint le 25 avril 1801 la partie sud-ouest de l’Australie, but principal de la mission, et avait entrepris d’explorer les côtes en remontant vers le Nord. Au cours de ce périple, Nicolas Baudin (comme bien d’autres explorateurs avant lui) baptisa divers endroits du nom de ses savants et capitaines, et entre autre, donna le nom de Depuch à une île se trouvant au nord-ouest de l’Australie et à l’est de l’archipel Dampier (20° 37' S ; 117° 44' E).
Qui était notre minéralogiste ?
Louis Depuch était né le 8 octobre 1774 à Caumont (Gironde), il était le fils de :
Alexandre Jean Depuch de Monbreton né en 1741, capitaine de dragons, seigneur du Puch de Gensac, de La Tour de Monbreton, de La Mothe de Cambes et autres lieux, fils de Henri Jacques Depuch de Monbreton et de Henriette Judith Depuch.
[Meller : Depuch de Monbreton très ancienne famille de l’Entre-deux-Mers, filiation XII e siècle]
et de Françoise Claire de Malet de Puivalier, fille de Louis de Malet, seigneur de Puivalier et Roquefort et de Marguerite de Maupas.
[Meller : de Mallet, ancien famille de Normandie, passée en Limousin, Périgord et Bordelais au XV e siècle, filiation 1066.]
En 1792, on retrouve Louis Depuch de Monbreton à Paris. Un de ses frères, Charles Alexandre, ayant immigré, son père Alexandre Jean fut arrêté en 1794 puis incarcéré à Fontainebleau et ses biens girondins, en particulier à Gensac, furent saisis et vendus.
Louis Depuch (la période révolutionnaire ne voulait plus de particules ni de noms composés !), fit partie des premières promotions de la prestigieuse École des Mines de Paris créée en 1794, qui forma la plupart des minéralogistes de cette époque, ce qui justifia son incorporation dans l’expédition vers les terres australes.
Les côtes australiennes attirent de plus en plus de touristes et peut-être qu’alors, les généalogistes abordant cette île auront une pensée pour la vie éphémère de ce savant girondin.
Jean-Claude Laumet
[Extrait du bulletin du CGSO : Généalogies du Sud-Ouest n°48 (1 er semestre 2004).]
 
 


Illustrations

Le Géographe et Le Naturaliste
    • L’île Depuch et l’île Sable, par F.-M. Ronsard, membre de l’expédition Baudin, juillet 1801 (ou au choix : carte de situation de l’île Depuch)
. Les carnets de notes de Léo Drouyn conservés aux Archives municipales de Bordeaux, notamment XXVII à XXXII, et XXXV à XXXVI contiennent de nombreux éléments généalogiques sur les Puch de Montbreton et autres branches. Les Puch de Montbreton furent un temps protestants.